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Désherber en permaculture ?

Introduction

bleuet coquelicot brandenburg-50492_640Le jardinier a droit de vie et de mort sur les plantes qui poussent dans sa parcelle. Dans une optique de respect du vivant, l’exercice de ce droit -via le désherbage- nous confronte à une question morale importante : comment distinguer les bonnes herbes des mauvaises ?

Lors de la rédaction de cette page, Noémie, 4 ans, me demandait ce que j’étais en train de faire et je lui expliquais ce dilemme. Je ne résiste pas au plaisir de partager avec vous sa réponse immédiate : « C’est facile, les bonnes herbes, elles sont vertes ! »

Nous vous proposons ici de construire une stratégie « désherbage et biodiversité » inspirée des principes de la permaculture. Dans la première partie, nous verrons dans quels cas il est judicieux de désherber ou de laisser pousser en remontant aux motivations premières du désherbage. La seconde partie expose des techniques qui permettent « le moindre effort pour le plus grand changement » là où la décision de désherber est prise. Une troisième partie présente quelques plantes spontanées de nos jardins qu’il convient de connaitre pour une gestion efficace du désherbage. Le but étant bien sûr de « travailler avec la nature et non pas contre elle » . Même si le désherbage est plutôt opposé à ce principe de permaculture, il est parfois nécessaire pour « obtenir une production » (autre principe de permaculture tout aussi essentiel).

I ) Vers une stratégie « désherbage et biodiversité »

Tout d’abord, pourquoi désherber ?

Le désherbage est motivé essentiellement par 2 types de raisons : production et esthétique.

Pour améliorer la production (de nos fruitiers, légumes ou céréales), nous cherchons à éliminer les plantes sauvages (aussi appelées « adventices »  ou « spontanées ») qui entrent en concurrence avec nos cultures. Cette raison est largement valide. Celui qui a déjà jeté des graines de légumes à la volée dans une prairie (ce qui ne donne rien) sait que nous ne pouvons nous nourrir sans détruire la végétation spontanée.

En effet, les plantes cultivées ont été sélectionnées par les paysans durant les dix derniers millénaires. Chaque année, ils resemaient les graines des plantes les plus productives, qu’ils avaient entourées de mille soins. C’est pourquoi les parties consommables des plantes cultivées sont énormes comparées à celles de leur ancêtres sauvages. Comparez par exemple une cerise à une merise, ou un épi de blé à l’épi d’une graminée sauvage (graines du foin). Au cours de cette lente évolution, les plantes cultivées ont perdu beaucoup de leurs défenses naturelles, devenues inutiles car elles étaient protégées par le travail des humains. Ce phénomène de co-évolution est mieux connu avec les animaux sélectionnés par les humains. Comparer une carotte cultivée à une carotte sauvage revient à comparer un chien à son ancêtre le loup, ou un mouton à un chamois. En somme, les espèces cultivées, plus facilement utilisables que les espèces sauvages, sont aussi beaucoup plus fragiles !

carottes

Au cours du XXème siècle, une hyper-sélection a produit des variétés hyper-productives mais aussi hyper-dépendantes des insecticides et herbicides pour survivre. C’est pourquoi les variétés dites anciennes (qui datent souvent d’un petit siècle ce qui est très jeune comparé à l’histoire des variétés) ont un tel intérêt : elles représentent un bon compromis entre autonomie de la plante (sa capacité à se nourrir, à résister aux maladies et aux ravageurs) et productivité. On dit que ces variétés sont « rustiques ». Mais que dire alors des plantes sauvages, souvent appelées « mauvaises herbes »? Nous devons leur reconnaitre de grandes qualités : elles sont parfaitement adaptées à leur milieu et de ce fait poussent sans engrais, ni soin, ni irrigation. Elles sont peu sensibles aux maladies. Elles abritent et nourrissent une immense biodiversité indispensable au jardin, certaines sont même comestibles… Les mauvaises herbes sont donc un modèle idéal pour le permaculteur : si nos légumes poussaient comme des mauvaises herbes, le travail du jardinier serait aisé !

Ceci explique bien pourquoi il est nécessaire de désherber lorsqu’on souhaite faire pousser des légumes potagers : on arrache les plantes spontanées pour éviter qu’elles ne concurrencent nos légumes. Car nos cultures, plus faibles que les plantes sauvages, ne pourraient pas rivaliser dans la recherche des nutriments et de l’eau (concurrence racinaire) et dans la recherche de la lumière (concurrence des parties aériennes/étouffement).

La seconde motivation du désherbage est l’esthétique.

landscape-gardener-401880_640C’est une attitude profondément ancrée dans notre culture : beaucoup de gens disent qu’ils ont « nettoyé » une parcelle pour décrire l’action de désherber. Dans un inconscient collectif puissant, la nature est sale, menaçante et seule sa maitrise (jardin à la française) peut satisfaire l’œil et favoriser le repos. Cela vient probablement des centaines de milliers d’années que nos ancêtres ont passé en une difficile lutte pour la survie dans une nature hostile (prédateurs, pénuries…). Il reste que de nos jours, la nature est moins une menace pour l’humain que l’inverse. Aussi il convient de revoir nos « canons de beauté » des paysages. Le paysagiste Gilles Clément offre une œuvre riche sur la beauté du sauvage dans l’aménagement des jardins (notamment dans son ouvrage Éloge des vagabondes). Geoff Lawton, permaculteur de renom, explique bien que notre passion du gazon tondu est excessive. A chacun de définir ce qu’il attend d’un joli paysage. Cette expression du rapport nature/culture est en rapide évolution. Heureusement !

Petite histoire du désherbage

labour origine agriculture ceres-33088_640L’agriculture, depuis son invention, se base sur le désherbage, ou plus généralement, sur la destruction de la végétation naturelle d’un lieu pour favoriser l’implantation et la croissance de plantes utiles à l’humain. Depuis le commencement de l’agriculture, les moyens utilisés pour éliminer la flore sauvage sont devenus de plus en plus nuisibles aux écosystèmes aux fils des siècles.

Il y a quelques milliers d’années, le labour peu profond à l’aide de l’araire a permis de détruire les prairies. Le brulis et la déforestation ont permis d’ouvrir des clairières dans les forêts. De très importantes surfaces ont été déforestées en Europe avant notre ère et depuis le Moyen-Age. Cette déforestation a entrainé la dégradation et la perte de grandes quantités de sol à telle point que les problèmes d’érosion apparaissent dans les cahiers de doléances de la révolution française ! Le XVIIIème siècle a d’ailleurs vu la mise en place de politiques publiques de reforestation pour protéger les sols.

historique

Évolution de la surface boisée et de la population depuis 13 000 ans en France

La déforestation a cessé en Europe, mais les moyens utilisés depuis le XXème siècle pour contrôler les mauvaises herbes sont devenus plus dangereux. La généralisation de l’emploi de tracteurs puissants pour le labour profond est un des facteurs essentiels de la perte des sols. Notons que la motivation première du labour est la destruction des « mauvaises herbes ». Le labour dégrade la structure du sol et aboutit à son tassement à moyen terme, contrairement à l’idée reçue qui dit que le labour aère la terre. De plus, l’utilisation systématique des herbicides dans l’agriculture conventionnelle a considérablement réduit la biodiversité (disparition des fleurs des champs et des insectes qui s’en nourrissaient entre autres) et répandu des substances toxiques (glyphosate, et un sous produit de ala dégradation du glyphosate : l’AMPA) dans l’environnement (d’après le Ministère de l’écologie, du développement durable et de l’énergie  » des pesticides sont présents dans 93 % des points de suivi des cours d’eau métropolitains » cf p 58 du rapport.)

La logique même du désherbage doit donc être interrogée pour que le jardinier œuvre à préserver la nature et évite de la dégrader.

Les bonnes raisons de ne pas désherber

Biodiversité : Laisser pousser librement les « mauvaises herbes » sur une partie de la parcelle est un excellent moyen d’abriter la faune auxiliaire, notamment les insectes régulateurs (carabes, syrphes, chrysopes, coccinelles, et bien d’autres…) qui trouveront dans cette diversité végétale le gite et le couvert. Ces « bandes enherbées » sont aujourd’hui reconnues pour leur utilité sur la faune et la flore, ainsi que pour leur efficacité, notamment dans la lutte biologique intégrée dans les vergers.

Syrphe flower-fly-258578_640Syrphe attirée par la jolie fleur du pissenlit (mauvaise herbe?). Ses larves sont de grandes dévoreuses de pucerons.

Biomasse et engrais verts : Là où elle n’est pas gênante, on peut laisser pousser la végétation spontanée, puis la « récolter » et l’utiliser comme engrais vert ou comme paillage. On a vu certains jardiniers développer beaucoup d’effort pour implanter une légumineuse comme engrais vert avant de s’apercevoir que la prairie naturelle locale était riche en mélilot (légumineuse qui peut-être utilisée comme engrais vert) qui poussait spontanément…

Plantes sauvages comestibles : De nombreuses plantes, considérées comme des »mauvaises herbes », sont en fait comestibles, et parfois délicieuses. Par exemple : orties, égopode, pissenlit, lamier, violette, lierre terrestre, ficaire, mouron blanc, chénopode, l’amarante et bien d’autres sont fréquentes dans nos jardins.

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Prêle

Des « mauvaises herbes » bien utiles : Certaines plantes qui poussent au jardin sans y avoir été invitées peuvent se révéler très utiles au jardinier pour pailler le jardin ou pour préparer des purins.  L’ortie, la prêle, la consoude, la fougère sont connues pour leurs principes actifs qui permettent d’utiliser leur purin comme éliciteur (pour stimuler la résistance de plantes cultivées) ou comme phytostimulant (engrais qui favorise aussi la croissance + effet éliciteur).

 

 

 

Définir sa stratégie « biodiversité et désherbage »

La permaculture invite à aménager un terrain selon 5 zones (pour une définition des zones, voir le dossier sur le design en permaculture), la zone 1 étant celle qui demande la plus forte intervention humaine, la zone 5 étant une zone de non-intervention pour laisser la nature évoluer spontanément.

Zéro désherbage : zones 4 et 5

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Illustrations de zones et cheminements

La zone 5 étant un « sanctuaire » intouché (aucune intervention), et la zone 4 une zone où l’on se contente de récolter de temps à autre (intervention minimale), ce sont typiquement des réserves de biodiversité où aucun désherbage n’est nécessaire. Dans une stratégie globale de désherbage, les chemins larges et espaces enherbés peuvent être gérés comme une zone 4 :  fauche une à deux fois par an et utilisation du foin en fourrage ou en engrais vert.

Zone 3 : minimiser l’énergie consacrée au désherbage

permaculture_zones perspectiveLa zone 3 est classiquement la zone consacrée aux cultures commercialisées. Limiter la concurrence des plantes spontanées sur des surfaces importantes y est souvent nécessaire : diverses techniques permettent alors d’employer au mieux son énergie (cf deuxième partie).  Voici quelques idées pour minimiser ce besoin de désherbage dans les zones productives :

Couvrir le sol par le paillage ou la culture d’engrais vert : s’il n’y a pas de terre à nu, les graines des « plantes sauvages » ne peuvent pas germer, ce qui limite le besoin de désherbage.

Cultiver des plantes pérennes (qui vivent plusieurs années) : arbres et arbustes fruitiers, rhubarbe, artichaut, oseille, poire de terre sont autant de plantes productives qui repoussent chaque année sans qu’on ait à les resemer. Sans semis, pas besoin de découvrir la terre ! L’entretien d’un bon paillis permettra de ne pas avoir à les désherber.

hahn-287466_640« Sous-traiter » le désherbage : Quelques poules, oies, ou canards confinés sur la surface à désherber (clôture ou enclos mobile) auront tôt fait d’y faire place nette. De même, des cochons peuvent détruire une prairie avant sa mise en culture (mais attention au tassement), quelques moutons ou lapins peuvent remplacer la tondeuse à gazon alors que la chèvre est une débroussailleuse naturelle !

Zones 1 et 2 : potager et forte intervention

photo 3cLà où l’on choisit de cultiver des carottes, le désherbage n’est plus optionnel, c’est indispensable ! De même, la plupart des légumes du potagers ont besoin d’être désherbés, au moins à l’état de jeunes plants. Aussi, nous vous proposons une stratégie de désherbage intensif adaptée au potager ci-dessous, dans la seconde partie .

Repiquer des plants (achetés ou semés en godets) à travers un paillis évite de mettre la terre à nu. On préfèrera donc cette option au semis direct des graines en pleine terre pour tous les légumes qui le permettent.

II) Comment désherber efficacement?

Un désherbage efficace est :

plantule sunflower-16059_640Précoce : comme le dit Edouard Meignen (expert agricole auprès de Val bio Centre) « L’herbe, si vous la voyez à genoux, il est temps de désherber, si on la voit debout, c’est trop tard !  » En effet de jeunes plantules seront détruites par le moindre coup de râteau, mais dès qu’elles auront quelques feuilles, elle deviendront beaucoup plus résistantes.

Total : mieux vaut tout désherber ou ne rien désherber. Entre les deux, on facilite grandement la vie des plantes spontanées que l’on a laissées et donc on complique fortement le désherbage suivant.

ripe-fruit-183531_640Régulier : ne jamais laisser grainer une plante spontanée dans la zone désherbée permet de diminuer le stock de graines présent dans la couche superficielle du sol. Après quelques années, cela diminuera fortement le besoin de désherbage. Pour être efficace, cette stratégie doit être parfaite : laissez grainer un chardon ou un rumex et la pousse de « mauvaises herbes » en grand nombre repart pour plusieurs années. Il faut inspecter régulièrement la parcelle et couper toutes les spontanées qui montent.

Adapté à la plante rencontrée : en effet, certaines plantes mourront si vous les coupez à la base (ou seront fortement affaiblies, ex mouron, mercuriale…) alors que d’autre repartiront avec beaucoup de vigueur et souvent des pieds plus nombreux grâce aux réserves qu’elles conservent dans leur racines (renoncules, orties, pissenlits, …). Les premières seront coupées à leur base et leur système racinaire en se dégradant améliorera le sol. Pour les secondes, on devra creuser et extraire leurs racines qu’on fera dessécher au soleil ou qu’on mettra dans un compost à part pour éviter toute repousse.

De plus, pour valoriser au mieux le travail effectué, après un désherbage on veillera à toujours immédiatement couvrir la terre ou à semer ou planter la parcelle.

Quelques techniques de désherbage

stirruphoeLe binage : consiste à détruire mécaniquement les jeunes plantules de plantes spontanées par un travail du sol très superficiel (à l’aide d’une binette, ou d’autres outils adaptés selon les cas). Cette technique est la meilleure quand on doit impérativement laisser la terre à nu (semis) et qu’on agit suffisamment tôt.

Désherbage manuel : directement à la main, à l’aide d’un simple couteau , ou d’un outil tranchant au bout d’un manche (permet de travailler debout, mais on voit moins bien…), le jardinier peut couper les plantes indésirables dans ses parcelles jusqu’entre les légumes. Pensez à déterrer les racines des adventices qui le nécessitent : une gouge ou un couteau à désherber peuvent être utile pour les petites racines ; pour les racines importantes, la fourche bêche serra nécessaire pour en extraire une bonne partie. Une griffe ou une serfouette seront utiles pour arracher les racines traçantes (ex: orties) sans se faire mal au dos (ne jamais tirer à la main sur une racine en étant courbé).

Agréable sur des périodes brèves, ce travail peut devenir très pénible sur une durée longue. Travailler les postures (positionnement du dos) et l’équipement (genouillères) est important pour diminuer la pénibilité. Mieux vaut travailler à plusieurs sur une période plus courte que seul.

isorel mandalaBâcher : entre deux cultures, ou avant la mise en culture d’une parcelle, recouvrir celle-ci d’une bâche permet de détruire les plantes spontanées qui mourront par absence de lumière. Certaines plantes nécessiteront de longues périodes de bâchage pour être détruites (ex orties : 6 mois à un an). Un dé-bâchage prématuré risque de favoriser les plantes encore vivantes (liserons, pissenlits…) Attention à choisir une bâche robuste et à la stocker ensuite avec soin pour pouvoir l’utiliser plusieurs années. Mieux encore, on peut remplacer les bâches plastiques par des matériaux biodégradables exempt de produits chimiques, par exemple ci-contre de l’isorel de récupération.

photo 3Le paillage : une couche importante (5 à 30 cm) de tout matériau organique disponible (paille, feuilles, BRF, foin non grainé…) réduira la pousse des plantes spontanées, voire détruira les plantes recouvertes. Cette solution a l’avantage de préserver l’humidité et la vie du sol, et de former de l’humus stable qui améliorera sa structure sur le long terme. Toutefois, avec les épaisseurs importantes qui permettent l’effet « désherbage », des risques de faim d’azote et de pullulation de limaces et de campagnols existent.

rake-440512_640Faux semis : après avoir préparer la terre pour un semis, on ne sème pas, on attend une dizaine de jours (ou plus selon la météo) la levée des graines des plantes indésirables dans la parcelle. Les plantules sont ensuite détruites d’un coup de râteau ou par désherbage thermique (voir ci-dessous). On peut répéter cette opération une seconde fois avant d’effectuer le semis souhaité.

Désherbage thermique : dépendante des énergies fossiles (gaz), cette technique est à réserver à de rares cas particuliers. Les semis de carotte ou de panais (dont la levée et la croissance initiale sont lentes), pour des productions commerciales (donc sur des surface importantes longues à désherber à la main) peut justifier un désherbage thermique sur le second faux semis. En effet, la destruction des plantules à l’aide d’un râteau retourne la couche superficielle de terre et mettrait à jour d’autres graines d’adventices. Les techniciens pointus arrivent à effectuer un désherbage thermique efficace après le semis, juste avant l’apparition des plantules de la culture. Deux ou trois jours de décalage amènerait à détruire la culture, aussi cette technique n’est pas conseillée aux débutants.

III) Pour ne pas désherber en aveugle : connaître les plantes sauvages

Pour désherber efficacement, il est important de reconnaitre les plantes que l’on rencontre et de connaitre quelques éléments de leur biologie.

 Annuelles et vivaces
Mercurialis_annua_Michael Becker
La mercuriale est une adventice annuelle à croissance rapide relativement aisée à détruire.

Les plantes annuelles meurent chaque année après avoir libéré leurs graines. L’année suivante, certaines graines germeront et donneront vie à de nouveaux individus. Ces plantes sont les plus faciles à détruire pour le jardinier car elles n’ont pas de réserves racinaires importantes. Le plus souvent, les couper à leur base suffit à les tuer ou les affaiblir fortement. Par contre on veillera à ne pas les laisser grainer sans quoi elles envahiront toute parcelle de terre à nu au printemps suivant.

Exemples de plantes annuelles spontanées communes : laiteron, séneçon, mercuriale, euphorbe, géranium sauvage…

 

Rumex
Le rumex est une adventice vivace dont il faut déterrer la racine. Attention également à ne pas le laisser grainer !

Les plantes herbacées vivaces survivent à l’hiver grâce à leurs réserves souterraines (souvent racinaires). Leurs parties aériennes disparaissent ou se réduisent pendant l’hiver pour repartir avec vigueur au printemps. Aussi couper ces plantes à leur base n’a que peu d’effet. Il faut creuser et extraire le système racinaire le plus complètement possible pour éviter les repousses. Ceci ne dispense pas d’être très vigilant à ne pas laisser grainer les vivaces indésirables car certaines sont de véritables usines à graines (ex : rumex)

Exemples de plantes vivaces spontanées communes : renoncule rampante, rumex, prêle, liseron, graminées (dont les fameux « chiendents »), bryone…


Plantes sauvages comestibles : un délicieux mesclun

mesclun-de-plantes-sauvagesLa connaissance de ces plantes permet de transformer la corvée de désherbage en cueillette de la salade du soir, d’autant plus joyeuse que cette récolte n’a nécessité aucun travail de semis et d’entretien. Le mot « mesclun » dont l’étymologie renvoie au verbe « mélanger » provient très probablement d’une tradition ancienne de mélange de plantes sauvages. En effet, les goûts puissants des plantes sauvages, s’équilibrent lorsqu’elles sont mélangées pour donner une composition de saveurs riches et inédites. Un mesclun de pissenlit, laitue, amarante, chénopode, plantain, égopode, et menthe hachés menus ne laisse pas indifférent!!!

Plus d’idées et d’informations sur la cueillette sauvage sur le blog : L’avis des plantes

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Fruits de l’if. La pulpe du fruit est comestible mais toutes les autres parties de la plante sont mortelles, notamment la graine qui est dans la pulpe ! Donc à ne jamais consommer !!!

AVERTISSEMENT : la consommation de plantes sauvages comestibles nécessite un apprentissage méthodique et une grande prudence. Certaines plantes ne sont comestible qu’à une certaine période (ex : ficaire avant la floraison), parfois une partie de la plante est comestible alors que d’autres sont mortelles (ex : if, ) ou des confusions dangereuses sont possible (la très jeune digitale mortelle ressemble aux jeunes pieds de consoude comestibles).

 

LA LISTE CI-DESSOUS NE SAURAIT EN AUCUN CAS CONSTITUER UN CONSEIL DE CONSOMMATION. Pour apprendre à consommer les plantes sauvages, de nombreux stages et ouvrages sont disponibles; parmi les plus connus : les livres de Couplan et de Ducerf sont des références importantes. Pour se rendre compte de ce qu’est un apprentissage des plantes sauvages comestibles, une démarche d’apprentissage documentée dans une perspective permaculturelle est disponible en suivant ce lien.

Quelques exemples de « plantes toxiques » : certaines sont sauvages, d’autres considérées comme ornementales sont introduites volontairement dans nos jardins : la bryone, la digitale, la giroflée, l’if, le muguet, la colchique…

Quelques exemples de plantes sauvages comestibles :

mouron blanc chickweed-320316_640
Le mouron blanc, ou stellaire est délicieuse en salade ! Attention à ne pas la confondre avec le mouron rouge, légèrement toxique.

Les annuelles : mouron, amarante, chénopode blanc, capselle, gaillet grateron, …

 

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L’ortie est un délicieux légume, cuisiné cru ou cuit dans une multitude de recettes (pesto d’orties, soupes gratins…) Prévoir des gants pour la cueillette !

Les vivaces : Lamier, ortie, ficaire, pâquerette, pissenlit, plantain, porcelle, berce, égopode…

 

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BON DÉSHERBAGE !

Pour aller plus loin :

Des livres pour apprendre à connaitre les plantes

L’encyclopédie des plantes bio-indicatrices vol. 1 et vol.2 de Gérard Ducerf

Les plantes sauvages comestibles et toxiques de François Couplan

Des outils pour désherber :

http://lejardiniermaraicher.com/equipement-et-fournisseurs/

http://www.ecoledepermaculture.org/images/Semences_outils/Les_outils_mara%C3%AEchers.pdf

 

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Ce dossier a été réalisé par Horizon Permaculture