Ferme de la Boudaisière
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Pétition

Après un an de recherches, ponctué de rencontres et de retours d’expérience, nous avons publié un plaidoyer de 150 pages pour chiffrer les « externalités négatives » de l’agriculture chimique qui domine nos campagnes. Ce plaidoyer nous a permis d’identifier 10 propositions de lois qui permettraient de changer radicalement, et rapidement, nos modèles de productions, et que nous avons réunies dans une pétition signée par plus de 70 000 personnes.

 

 

De nombreuses personnalités, experts de l’agriculture, philosophes, représentants d’organisations, directeurs d’entreprises ou artistes, ont décidé de signer cette pétition et nous vous invitons à faire de même pour montrer aux femmes et hommes politiques que ce sujet est prioritaire et qu’il est primordial de repenser notre alimentation pour déployer des pratiques responsables, à même de préserver notre santé, nos emplois, et de régénérer les écosystèmes.

 

Emploi et compétences

Proposition 1 : Permettre aux fermes agroécologiques de bénéficier d’aides à l’emploi.

Concrètement, travailler en accord avec la nature, en restaurant les écosystèmes, en respectant les saisons et les équilibres du vivant, demande plus de main d’œuvre, prend plus de temps. S’affranchir des énergies fossiles et produire sans intrants chimiques représente un engagement et une voie d’avenir qu’il convient d’encourager. Aujourd’hui, le prix du pétrole est tellement bas que de nombreux agriculteurs ne se posent pas de question quant à la remise en cause du modèle dominant ; nous préconisons un ‘coup de pouce’ de l’état pour favoriser et soutenir le développement de pratiques moins énergivores mais plus créatrices d’emplois, et proposons par exemple que les fermes qui s’engagent* puissent être éligibles pendant 5 ans au dispositif des ‘Emplois d’Avenir’, sans condition, c’est-à-dire pouvoir embaucher des salariés dont les 2/3 du salaire seraient portés par l’état.

Pour un SMIC, par exemple, le coût chargé est aujourd’hui de 26.000€ annuels pour l’employeur. Grâce aux Emplois d’avenir, il ne lui en coûterait que 7.000€, permettant d’espérer un équilibre économique plus facilement sur son exploitation dans la phase délicate du démarrage. Pour la petite histoire, un chômeur coûte chaque année environ 15.000€ à l’état. L’aide que nous demandons, de 19.000€ (26.000 – 7.000 = 19.000) ne représenterait donc qu’un surcoût de 4.000€ annuels par emploi d’avenir. 4.000€ par an pour convertir un chômeur en agriculteur, ce n’est pas cher payé…qui plus est s’il s’agit pour lui de produire de la bonne nourriture vendue localement, tout en restaurant les écosystèmes et luttant contre le dérèglement climatique.

Proposition 2 : Aiguiller 5.000 Services Civiques par an sur des fermes agroécologiques* en création notamment pour sensibiliser les riverains à la consommation alimentaire responsable et créer des espaces de biodiversité restaurée et préservée.

Depuis plusieurs générations, le Service Militaire a disparu et tend à être remplacé, tout doucement, par un service d’intérêt général baptisé ‘Service Civique’. L’une des commissions parlementaires en charge d’étudier la faisabilité de passer de 30.000 à 170.000 services civiques chaque année a conclu une chose surprenante : trouver des travaux « d’intérêt général » n’est pas simple et nous ne saurions pas comment occuper ces jeunes.

Dans un contexte où l’environnement a été largement dégradé, où la biodiversité accuse le coup de plusieurs décennies d’agriculture chimique, nous sommes convaincus qu’il existe de nombreuses missions d’intérêt général dans les zones rurales. Nous envisageons des missions de deux types : restauration/préservation des écosystèmes et sensibilisation des citoyens aux bienfaits d’une consommation locale et responsable.
Ainsi, nous pourrions compter sur des centaines de jeunes motivés, tant par l’impact que par les découvertes que susciteraient ces missions, pour replanter des arbres, des haies, créer des mares ou des refuges de biodiversité. En allant à la rencontre des jeunes ou moins jeunes, ces services civiques pourraient faire découvrir le pouvoir lié à l’acte d’achat notamment, mais aussi sensibiliser à la contribution directe de chacun aux initiatives locales.

Proposition 3 : Faire de l’agro-écologie une brique obligatoire et transversale dans les lycées agricoles et cursus d’agronomie, intégrer une dimension de terrain dans l’enseignement.

L’éducation et l’enseignement sont essentiels pour aider à changer les pratiques. Dans le domaine agricole, c’est une évidence. Nous recevons chaque jour, à Fermes d’Avenir, des étudiants désespérés de constater que les programmes mettent à l’honneur, aujourd’hui encore, une vision surmécanisée et pétro-dépendante de l’agriculture.
Nous proposons de travailler, avec des experts, à une refonte des programmes pour privilégier une approche de résilience, tournée vers l’agroécologie et la compréhension des fonctionnements des écosystèmes naturels.
Pour les cursus ingénieurs, nous suggérons d’intégrer une année complète de travail sur le terrain dans des fermes responsables.

Financement et modèle économique

Proposition 4 : Dédier 350 millions d’euros de la Politique Agricole Commune (PAC) par an au mieux manger local pour tous, en finançant les agriculteurs prêts à adopter des pratiques agroécologiques et en renforçant la rémunération des services écologiques rendus par leurs fermes (préservation de la qualité de l’eau, séquestration carbone,…), ce qui impliquera nécessairement des créations d’emplois.

La PAC est aujourd’hui le premier budget de l’Europe. Il représente pour la France environ 10 Milliards d’euros injectés dans l’agriculture pour assurer la rentabilité du secteur qui, sans cela, n’arriverait pas à produire.
L’un de soucis de la PAC est que l’essentiel des aides est dirigé vers les ‘gros’ agriculteurs, grands propriétaires fonciers très mécanisés et peu créateurs d’emplois. Les 60% plus petits exploitants se partagent seulement 20% du montant total des subventions.
Dans un tel contexte, il est difficile d’envisager, pour les plus gros, de changer de pratiques., et le soutien à ceux qui souhaitent s’installer ne les oriente pas réellement vers une agriculture responsable.
Les services écosystémiques représentent pourtant des retombées économiques indirectes pour notre société. Par exemple : la valeur de la pollinisation pour la culture des légumes estimée à 50 Milliards d’€ par an, et autant pour les fruits. l conviendrait d’inciter à ces pratiques par un soutien financer, allant plus loin que les MAEC (Mesures Agro-Environnementales et Climatiques).

Proposition 5 : Lancer un Programme d’Investissement d’Avenir Agricole (PIAA) doté de 5 Milliards d’Euros pour soutenir des innovations agroécologiques, accompagner l’émergence de projets de développement rural dans les territoires (circuits-courts, coopératives, etc.) et faciliter la transmission des exploitations aux jeunes agriculteurs qui souhaitent les convertir en agriculture biologique.

L’agriculture et l’alimentation saine, c’est notre avenir à tous :
Nous proposons que la France impulse et finance un vrai plan de relance par l’agriculture, à savoir un PIAA – programme d’investissement d’avenir agricole doté de 5 Md€, programme d’intérêt général qui viendra équilibrer l’orientation très industrielle, numérique et urbaine du PIA actuel (remarque : notre PIA3 actuel est doté de 10 milliards d’Euros !)

En pratique, pour ce PIAA, il faut éviter les écueils du PIA. Aujourd’hui, une partie des financements transite par les collectivités et ne touche pas forcément son but sur les acteurs économiques des territoires. Les investisseurs institutionnels (Caisse des Dépôts et BPI France/banque de la transition écologique) peinent à financer ce type de projets diffus dans les territoires. Les grandes enveloppes de plusieurs millions d’€ n’ont pas toujours eu l’impact sur la création d’emplois en France.
Il s’agit donc de garantir une attribution de tels « gros » financements uniquement vers le « diffus » – pour une gamme de petits projets de développements ruraux (plutôt que de – en particulier :

  • Soutenir préférentiellement des projets moins technologiques et proposant des innovations de rupture : innovations organisationnelle et sociale, et innovations dans les pratiques de culture agro-écologique les plus avancées, permettant une meilleur résilience et une attention aux services écosystémiques. Pour ce faire, désigner un pool d’experts indépendants en transition écologique, développement rural et en agro-écologie, à consulter pour la sélection des dossiers et prévoir une gouvernance robuste du PIAA.
  • Permettre aux acteurs ruraux et coopératives agricoles des territoires de faire émerger leurs nouveaux projets : il faut satisfaire directement les besoins de financement de l’ingénierie amont pour des projets d’agriculture pérenne et intégrée dans le territoire. Il s’agit par exemple de points de vente en circuits courts, de productions d’énergies renouvelables générant des revenus complémentaires aux recettes agricoles, de petites unités de transformation, de solutions de logistique de proximité mutualisée etc. Le financement peut aussi prendre la forme d’avances remboursables.

Proposition 6 : Mettre en place des conventions entre les collectivités et les acteurs de la finance participative pour que les citoyens puissent financer la transition agricole en direct.

L’état ne peut pas tout financer, les collectivités territoriales sont au plus proche des citoyens et des projets de transition écologiques. Les banques traditionnelles misent sur des recettes connues qui malheureusement sont parfois toxiques pour la planète (énergies fossiles, exploitation de ressources non renouvelables, et évidemment agrochimie).
A l’heure de la démocratie participative, des réseaux sociaux et de la technologie 2.0, il nous apparaît indispensable de conjuguer les outils de financement et d’identification par la foule (crowdfunding et crowdsourcing) pour sélectionner collectivement des projets que nous considérons d’intérêt général, et les financer de manière participative.
La législation est aujourd’hui trop complexe pour permettre ce genre de dynamique multi-partite. La rédaction d’une convention assortie d’une charte permettrait de démultiplier ces d’initiatives. Elle rendrait aux citoyens le pouvoir de dessiner leurs territoires et décider de l’utilisation réelle de leur épargne.
Pour augmenter l’impact d’une telle dynamique, un fonds de garantie pourrait également être mis en place pour sécuriser le capital placé.

Proposition 7 : Financer la mise en place de 50% d’approvisionnements durables (de saison, bio, locaux < 100 km) d’ici 5 ans dans la restauration collective (organisation des producteurs et soutien à leurs activités locales, investissements dans les maillons de transformation) et remplacer 25% de la proposition de produits carnés par d’autres protéines.

La commande publique représente un potentiel considérable de débouchés pour les productions locales.
Donner de la nourriture saine à nos enfants ou aux personnes hospitalisées est un positionnement de bon sens, et bien que l’intention soit affirmée, les moyens proposés sont largement insuffisants.
Nous proposons que des sources de financement tels que les FEADER (financement européens des projets régionaux) ou les PAT (Plans Alimentaires Territoriaux) soient orientés vers ces dynamiques, en soutenant notamment les associations locales d’accompagnement des porteurs de projet, de promotion de l’alimentation responsable, etc.

Foncier

Proposition 8 : Promulguer une nouvelle loi d’orientation foncière nationale pour sanctuariser les terres agricoles.

La terre est un pilier garant de la production agricole, de la préservation de la biodiversité, de la séquestration du carbone. Cette ressource devient précieuse à l’heure où la rentabilité court termiste des projets immobiliers et commerciaux concurrence fortement l’approche durable des projets agricoles et nourriciers Cette ressource est en danger lorsque des investisseurs étrangers arrivent à acquérir des centaines d’hectares sans préciser les projets qu’ils comptent y développer (cf.les 1700ha de terres de l’Indre achetées en 2016 par une société chinoise).

Il est urgent de préserver ce capital naturel, et d’inscrire dans la durée son affectation agricole pour préserver les terroirs, les emplois, la biodiversité et nos paysages.

Proposition 9 : Privilégier systématiquement l’attribution du foncier disponible (notamment les transmissions de fermes) à des projets en agriculture biologique.

40% des agriculteurs d’aujourd’hui seront en âge de partir à la retraite d’ici 2020. Ils vont être en quête de repreneurs pour maintenir l’activité agricole. Nous préconisons une orientation claire favorisant, dans tous les cas de reprise, les projets présentant une réelle dimension écologique, notamment lors de l’examen des dossiers par les SAFER (Sociétés d’Aménagement Foncier et d’Etablissement Rural).
Ce sera notamment l’occasion de reconstruire des ceintures maraîchères aux abords des villes moyennes, permettant de viser l’autonomie alimentaire (au moins en fruits et légumes) des territoires. Pour mémoire, comme le rappelle le Plaidoyer Fermes d’Avenir, la France importe chaque année 4Mds d’€ de fruits et légumes….

Proposition 10 : Mettre en place des projets expérimentaux de ‘grappes de fermes’ pour expérimenter, former, et développer de nouveaux modèles alimentaires territoriaux.

Comme la Nature nous invite à le faire, nous pensons que la coopération et la mutualisation sont des dynamiques très positives et résilientes, à même d’envisager des écosystèmes de grande ampleur.

Pour augmenter l’efficacité économique et énergétique de nos systèmes de production, il convient de les relocaliser et d’étendre les champs d’activité : production, mais aussi transformation et distribution, en version locale et à taille humaine.
Pour ce faire, nous avons imaginé un nouveau métier, que nous avons baptisé ‘Payculteur’, qui serait un catalyseur de projets de territoires : véritable entrepreneur qui reliera l’amont et l’aval de la filière, imaginera des dynamiques innovantes pour répondre au besoin sans cesse croissant de produits bio et locaux, tout en fédérant les parties prenantes (producteurs, consommateurs, distributeurs, transformateurs, financeurs, experts techniques, chercheurs, citoyens…)

Un payculteur aura pour objectif ultime d’accompagner une grappe de fermes fonctionnant comme un écosystème, intégrant les différentes sortes de production (maraîchage, grandes cultures, élevage, toutes interdépendantes et bénéficiant les unes des autres) et en y ajoutant des activités connexes renforçant le modèle économique (transformation et distribution, bien sûr, mais aussi accueil de public, formations, organisation d’évènements, etc.)

Pour valider la pertinence de ce modèle territorial, afin de l’essaimer, nous préconisons la création d’une à trois grappes de fermes par région.

 

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